Recherchez une offre d'emploi

Thèse l'Autonomie du Droit Processuel Environnemental H/F - 51

Description du poste

  • Doctorat.Gouv.Fr

  • Reims - 51

  • CDD

  • Publié le 31 Mars 2026

Établissement : Université de Reims Champagne - Ardenne
École doctorale : Ecole Doctorale Sciences Humaines et Sociales
Laboratoire de recherche : CEJESCO - CEntre de recherches Juridiques sur l'Efficacité des Systèmes COntinentaux
Direction de la thèse : Anaïs DANET
Début de la thèse : 2026-10-01
Date limite de candidature : 2026-04-29T23:59:59

Si la question des liens entre justice et environnement n'est évidemment pas neuve, elle n'a encore jamais été abordée de manière approfondie sous l'angle processuel. Pourtant, face au constat des difficultés auxquelles sont confrontés les pouvoirs publics nationaux comme internationaux à produire des normes environnementales appliquées et efficaces, le juge - ou plutôt les juges - ont été investis par l'espoir de certains citoyens, associations, organisations non-gouvernementales afin qu'ils contribuent à appliquer et à dire le droit environnemental. Ce rôle du juge (des juges) est d'autant plus crucial que les normes environnementales s'insèrent dans un système normatif complexe, certaines normes techniques étant parfois adoptées (ou non adoptées) en dépit de normes plus ambitieuses et pourtant supérieures dans la hiérarchie des normes. Par ailleurs, le droit de l'environnement et particulièrement le droit privé de l'environnement étant de construction récente, les concepts qu'il convoque sont encore à interpréter, à définir, voire à inventer. A titre d'illustration, on pensera ainsi au préjudice écologique pur, créé par la jurisprudence puis consacré par le législateur par la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 à l'article 1246 du Code civil ou encore au devoir de vigilance introduit par la loi n° 2019-399 du 27 mars 2017 dans le Code de commerce et à propos duquel la jurisprudence foisonne ces derniers mois.

Il est vrai que dans ce contexte, alors que les experts scientifiques continuent d'alerter sur la trajectoire climatique dramatique empruntée, des procès environnementaux sont intentés par des justiciables voyant dans les juridictions le meilleur sinon le dernier garant de la protection de l'environnement.Cette intervention du juge ne peut toutefois pas tout, car elle est sertie dans un système processuel répondant à des principes et des règles techniques de procédure. Or, ces règles procédurales n'ont pas été initialement pensées pour épouser les logiques spécifiques du droit de l'environnement. A titre d'exemple, la procédure civile, initialement pensée pour répondre à une logique individuelle et réactive (intérêt à agir par principe personnel et actuel) ne s'accommode que mal, sur le plan des principes, aux logiques collectives et préventives inhérente à la fonction primaire du droit de l'environnement tournée vers la préservation d'un futur commun. Pourtant, la multiplication des normes environnementales de droit privé implique une mobilisation accrue du juge civil dans ce domaine. Cette intervention doit par ailleurs s'articuler avec celle, plus ancienne, des juridictions administratives et pénales, qui se développe également et parfois sur les mêmes situations de fait.

Dans cette perspective, le présent projet de thèse entend explorer la façon dont le droit processuel doit et peut s'adapter à ces logiques nouvelles afin de contribuer à l'efficacité du droit de l'environnement et partant à la protection de celui-ci. Cette approche processualiste, embrassant à la fois la dimension comparative entre les différentes procédures (civile, pénale et administrative) et sa dimension théorique visant à dégager une théorie générale du procès, permettra ainsi d'une part d'interroger l'aptitude des différentes normes procédurales à permettre une application efficace des normes environnementales, quelle qu'elles soient et d'autre part, à apprécier l'opportunité de dégager un droit processuel environnemental autonome, c'est-à-dire qui s'émancipe à la fois des règles de droit commun propres à chacun des contentieux et qui propose un modèle commun, voire unique de procès environnemental, pour davantage d'efficacité.

Alors que les procès climatiques et environnementaux se multiplient devant les juridictions pour tenter d'infléchir les trajectoires environnementales négatives, la question de l'adaptabilité du droit processuel aux problématiques environnementales se pose particulièrement. Pourtant, il manque à l'heure actuelle une réflexion à la fois englobante et exhaustive qui permettrait de faire émerger un droit processuel environnemental à fois autonome et commun aux différents ordres, pour une meilleure articulation des différentes branches du droit de l'environnement.

La recherche a pour objectif de déterminer si le droit processuel de l'environnement, c'est-à-dire le droit processuel appliqué aux différents contentieux environnementaux (civil, pénal, administratif), a vocation à jouir d'un régime autonome, distinct du droit commun.

Le doctorant ou la doctorante devra développer une connaissance parfaite des différents contentieux et du droit substantiel de l'environnement. Cela impliquera donc dans un premier temps d'acquérir une connaissance fine des différentes branches du droit processuel mobilisées (procédure civile, procédure pénale, contentieux administratif) et du droit substantiel de l'environnement, lequel mobilise lui-même plusieurs champs disciplinaires (droit privé, droit public, droit pénal).

Le droit processuel et le droit de l'environnement n'étant pas habituellement étudiés ensemble, il s'agira dans une seconde étape de confronter les logiques sous-jacentes de chacune de ses branches du droit afin de voir si elles sont compatibles en l'état actuel du droit positif et s'il existe des obstacles procéduraux à l'efficacité des normes environnementales, puis de formuler, le cas échéant des propositions d'adaptation du droit positif processuel pour permettre une pleine efficacité du droit substantiel de l'environnement. Cette étude s'inscrira ainsi à la fois dans une dimension théorique visant à comparer et à faire interagir les enjeux et grands principes régissant ces différentes matières, et d'autre part une dimension davantage technique pour chercher à adapter les règles techniques de procédure aux enjeux fondamentaux soulevés par la nécessaire protection de l'environnement.
Enfin, il s'agira de dégager, à partir de ces réflexions comparatives, une réflexion sur la nécessité ou non d'autonomiser le droit processuel environnemental du droit processuel commun, pour proposer le cas échéant un modèle de procès environnemental autonome permettant de traiter de façon globale un même litige environnemental et qui pourrait être développé dans une dimension prospective pour favoriser l'effectivité du droit de l'environnement.

Très concrètement, la méthode retenue, qui sera affinée au fil des recherches par le doctorant ou la doctorante retenue, consistera dans un premier en un recensement de la littérature scientifique, des normes et du corpus jurisprudentiel sur le sujet, pour parvenir à un premier classement des obstacles procéduraux identifiés et en identifier les éventuelles justifications, communes ou distinctes dans les différents contentieux. Il s'agira ensuite, à partir de cette structuration première de questionner l'opportunité de dégager un droit processuel autonome en matière environnementale.

Compétences requises

  • Gestion des contentieux
Je postule sur HelloWork

Offres similaires

Juriste de Contentieux H/F

  • Switch

  • Reims - 51

  • CDI

  • 24 Mars 2026

Juriste H/F

  • CFDP Assurances

  • Reims - 51

  • CDI

  • 9 Février 2026

Juriste H/F

  • SWITCH

  • Reims - 51

  • CDI

  • 21 Janvier 2026

Déposez votre CV

Soyez visible par les entreprises qui recrutent à Reims.

J'y vais !

Chiffres clés de l'emploi à Reims

  • Taux de chomage : 13%
  • Population : 181194
  • Médiane niveau de vie : 19280€/an
  • Demandeurs d'emploi : 20100
  • Actifs : 82622
  • Nombres d'entreprises : 10965

Sources :


Un site du réseaux :

Logo HelloWork