Thèse Action de la Dreissène sur l'Intégrité de Parasites Protozoaires Apport pour l'Évaluation de la Qualité Sanitaire de l'Eau Projet Dispeau H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université de Reims Champagne - Ardenne École doctorale : Agriculture, Alimentation, Biologie, Environnement et Santé Laboratoire de recherche : SEBIO - Stress Environnementaux et BIOsurveillance des milieux aquatiques Direction de la thèse : Aurélie BIGOT-CLIVOT Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-06-20T23:59:59 Les scénarios de changements globaux prévoient une augmentation du risque de maladies liées à la contamination microbiologique des eaux qu'elles soient de surface ou souterraines, destinées à des usages récréatifs, de consommation ou d'irrigation. Parmi ces dangers microbiologiques, les parasites protozoaires Toxoplasma gondii et Cryptosporidium spp. représentent des dangers majeurs en santé. Les oocystes de T. gondii et Cryptosporidium représentent les formes résistantes de ces protozoaires qui sont libérées dans l'environnement via les excréments de l'hôte définitif (félins pour T. gondii, et êtres humains, animaux domestiques ou d'élevage pour Cryptosporidium). Une fois dans l'environnement, ces formes infectieuses peuvent persister et contaminer les eaux de ruissellement, les cours d'eau, ainsi que les eaux souterraines et marines. Ainsi, entre 2017 et 2022, Cryptosporidium et T. gondii ont respectivement été impliqués dans 322 et 6 des 416 épidémies hydriques liées à des protozoaires.
Le milieu aquatique est un vecteur clé de la transmission de T. gondii et Cryptosporidium. La surveillance de ce compartiment et la détermination du niveau de viabilité des pathogènes sont donc essentielles pour évaluer le risque sanitaire et pour protéger la santé humaine et animale. De nombreuses études ont souligné l'intérêt d'utiliser les mollusques bivalves comme espèces sentinelles des milieux aquatiques. Nos précédentes études ont démontré la capacité du bivalve filtreur Dreissena polymorpha à bioaccumuler les oocystes de T. gondii et Cryptosporidium parvum présents dans l'eau. Même si une relation positive a pu être établie entre la charge en protozoaires dans les dreissènes et le niveau d'exposition, les bilans de masses (eau + tissus de dreissènes vs quantité initiale) sont faibles. Ceci amène deux hypothèses : des difficultés analytiques dans le biote et/ou un effet de la dreissène sur l'intégrité et la viabilité des protozoaires.
Le présent projet de thèse s'articule autour de deux objectifs :
1) Lever les verrous analytiques pour améliorer le taux de récupération des protozoaires dans les tissus des dreissènes. Différentes approches pourront être testées : immunomarquage, lyse mécanique et isolement des acides nucléiques.
2) Evaluer l'impact du système immunitaire et du système digestif de la dreissène sur la viabilité et la dégradation des protozoaires.
L'action du système immunitaire de la dreissène sera mesurée grâce à une technique de microscopie associée à un système de microfluidique. Cette technique de mise en flux dynamique consiste à observer les cellules de façon dynamique afin d'en extraire de nouveaux proxys d'interaction hémocyte-protozoaire.
L'effet des acteurs de la digestion sera suivi grâce à un test in vitro qui permettra de révéler de nouveaux indicateurs de dégradation et de déterminer si cette dernière est principalement liée à des mécanismes de défense ou de digestion. Une exposition in vivo de bivalves aux doses environnementales d'oocystes de T. gondii et Cryptosporidium sera également réalisée dans l'objectif de mesurer l'activité des enzymes digestives et de suivre les protozoaires dans les différents compartiments (glande digestive, hémocytes, fèces, eau).
Dans le cadre de ces différentes tâches, la viabilité des oocystes sera déterminée selon une méthode développée par l'UR ESCAPE.
Ce travail permettra de déterminer le rôle de la dreissène dans la dégradation des protozoaires et contribuera à évaluer son potentiel pour la surveillance et la bioremédiation des masses d'eau. En apportant une meilleure compréhension des mécanismes de persistance et de dégradation de protozoaires pathogènes dans l'environnement aquatique, le projet DISPEAU pourra ouvrir la voie à l'élaboration de nouvelles stratégies efficaces de contrôle et d'évaluation du risque sanitaire.
Le profil recherché
- Master en biologie / microbiologie, idéalement en lien avec l'environnement.
- Des compétences en biologie moléculaire et en biochimie seront un atout majeur.
- Des connaissances en physiologie et biologie des organismes aquatiques seront appréciées.